
Pourquoi consulter un·e neuropsychologue ?
Le rôle du neuropsychologue est de comprendre et d’évaluer le fonctionnement cognitif d’une personne, afin d’identifier la nature et l’origine de ses difficultés éventuelles.
Les troubles de concentration, de mémoire ou d’organisation, par exemple, peuvent avoir des origines très variées. Ils ne traduisent pas toujours un trouble neurologique, mais peuvent résulter de multiples facteurs :
- Troubles neurodéveloppementaux : TDAH, troubles des apprentissages, troubles du spectre de l’autisme.
- Affections cérébrales acquises : commotion, AVC, traumatisme crânien.
- Troubles émotionnels : anxiété, dépression, stress chronique, burn-out.
- Facteurs médicaux ou hormonaux : troubles du sommeil, carences, hypothyroïdie, périménopause
- Consommation de substances : alcool, cannabis, certains médicaments.
- Vieillissement cognitif : changements normaux ou pathologiques liés à l’âge.
Un bilan neuropsychologique ciblé, permet alors d’objectiver les difficultés et de mieux comprendre les mécanismes en jeu. Les tests psychométriques sont des outils standardisés permettant d’évaluer certaines fonctions cognitives précises — par exemple la mémoire verbale, l’attention soutenue ou les capacités d’organisation. Les performances sont comparées à celles d’un groupe témoin afin d’identifier d’éventuels écarts significatifs. Des questionnaires sont aussi utilisés pour explorer les dimensions émotionnelles, comportementales et motivationnelles associées, afin d’obtenir une vision complète du fonctionnement.
Cependant, il ne permet pas de spécifier la cause ou les causes des difficultés.
Un entretien clinique approfondi est nécessaire pour mettre en lien les résultats psychométriques avec ses difficultés dans la vie quotidienne mais aussi avec l’histoire du patient, le contexte de vie et les autres facteurs pouvant causer ou amplifier les difficultés.
Pour ma part, j’essaie de considerer tous ces facteurs. Vous aurez donc rarement avec moi une explication simple et unicausale à vos difficultés. Je privilégie une lecture intégrative des difficultés. Les explications unicausales sont rarement suffisantes pour comprendre un fonctionnement humain.
Si votre attente principale est l’obtention d’un diagnostic en un seul test, sans exploration approfondie du contexte et du fonctionnement global, mon approche pourrait ne pas correspondre à vos attentes.
Pour le dire plus simplement: je ne fais pas de « test HP » ou « test TDAH » en une séance, en zappant le premier entretien, comme certains me le demandent pour avoir rapidement accès à des aménagements ou à un médicament.
Limites d’un bilan neuropsychologique
Un bilan neuropsychologique est un outil d’exploration approfondi dans un ou plusieurs domaines, mais il ne constitue pas une lecture exhaustive d’une personne. Les tests utilisés sont scientifiquement validés et permettent d’évaluer certains aspects spécifiques du fonctionnement cognitif (attention, mémoire, fonctions exécutives, etc.). Ils fournissent des repères objectifs et comparatifs.
Cependant :
- Aucun test ne mesure « la personnalité » ou « le fonctionnement global » dans toute sa complexité.
- Les performances peuvent être influencées par l’état émotionnel, la fatigue, le stress, le sommeil ou le contexte de vie.
- Un score ne résume jamais une trajectoire développementale ni une histoire personnelle.
- Les hypothèses formulées s’inscrivent dans un contexte donné et peuvent évoluer.
Un bilan constitue donc une photographie à un moment précis, éclairée par des outils standardisés et une analyse clinique.
Il ne prétend pas tout expliquer, mais vise à proposer une compréhension structurée et nuancée, utile pour orienter la prise en charge et soutenir des ajustements concrets.
Indications d’un bilan
Un bilan neuropsychologique n’est pas systématique. Il est proposé lorsqu’il apparaît pertinent pour répondre à une question précise ou pour examiner une hypothèse clinique.
Par exemple :
- Où en sont mes capacités attentionnelles ?
- Mes difficultés mnésiques sont-elles objectivables ?
- Mon fonctionnement intellectuel se situe-t-il dans la moyenne, au-dessus ou en-dessous ?
- Certains symptômes sont-ils compatibles avec un trouble spécifique ?
Le bilan a du sens lorsqu’il permet d’éclairer une interrogation claire et ciblée.
Lorsque la demande est très générale (« mieux me connaître », « comprendre qui je suis ») ou que les difficultés décrites sont diffuses, peu spécifiées et fréquemment rencontrées dans la population générale, un bilan n’est pas toujours indiqué en première intention.
Dans ces situations, un temps d’échange clinique peut être plus pertinent afin de préciser la demande, affiner les hypothèses et déterminer si une évaluation standardisée apporterait une réelle plus-value.
Il reste bien entendu possible de poursuivre par un suivi, permettant d’explorer progressivement ce qui interroge et d’identifier les axes de travail adapté
1. Premier entretien (≈ 1 h)
Cette première rencontre permet de faire connaissance, de préciser la demande et de comprendre votre histoire, vos difficultés et vos attentes. Vous pouvez apporter tout document ou compte rendu que vous jugez utile.
2. Si indiqué, bilan (≈ 2 h)
Le type d’évaluation dépend de votre demande et des hypothèses formulées lors du premier entretien.
- Bilan intellectuel (WAIS-IV) : pour comprendre votre fonctionnement mental, vos points forts et vos fragilités, au-delà du simple QI.
- Bilan neuropsychologique spécifique : pour explorer certaines fonctions cognitives (attention, mémoire, fonctions exécutives…).
- Évaluation pour suspicion de TDAH : entretien approfondi + questionnaires + tests attentionnels ciblés (alerte, mémoire de travail, attention divisée, attention soutenue…) pour mieux comprendre votre profil. L’hypothèse d’un TDA/H est ensuite à confirmer par un médecin psychiatre ou neurologue spécialisé, seul habilité à poser ce diagnostic et proposer un traitement médicamenteux si nécessaire.
3. Restitution du bilan (1 h à 1 h 30)
Les résultats vous sont restitués de manière claire et détaillée. Un compte rendu écrit (rapport) vous est remis, accompagné d’explications orales pour faciliter la compréhension et le lien avec votre vécu.
4. Suivi et accompagnement
Un accompagnement peut être proposé pour approfondir les problématiques abordées ou pour vous soutenir dans la gestion des difficultés cognitives repérées (attention, mémoire, planification, fatigue mentale).
Ces séances peuvent inclure :
- de la psychoéducation,
- des stratégies de compensation concrètes,
- un travail sur la motivation et la régulation émotionnelle.
Selon vos besoins, ces rencontres peuvent être ponctuelles ou s’inscrire dans un suivi plus régulier.
« Nous croyons manquer de volonté, alors que nous manquons surtout de connaissance de nous-mêmes.
Catherine Demoulin
Mieux comprendre son cerveau, c’est comprendre pourquoi l’on se bloque, s’emballe ou se sabote — et apprendre à faire coopérer les forces qui nous habitent. »
