Des livres pour grandir : coups de coeur pour les 5-7 ans

Parce que lire des histoires à son enfant est une des meilleures façons de lui donner le goût de la lecture et de partager un moment tendre et calme avec lui, voici une sélection de quelques-uns de mes coups de cœur en littérature jeunesse pour les 5-7 ans (tous édités par L’école des loisirs):

Aider son enfant à surmonter son anxiété

Qu’est-ce que l’anxiété ?

L’anxiété peut se définir comme l’anticipation craintive d’un danger ou d’un malheur. Elle s’accompagne de différents symptômes, tels que des tensions musculaires, des perturbations du sommeil, une irritabilité, des difficultés de concentration, des maux de ventre… . Elle peut même aboutir à des crises de panique quand elle est trop forte (difficultés pour respirer, nausées, douleurs dans la poitrine…).

Une certaine dose d’anxiété est normale et nous aide à focaliser notre attention sur une situation importante, à nous y préparer et à mettre en place des stratégies (par exemple, un peu d’anxiété par rapport à un examen, nous pousse à nous y préparer et à ne pas le prendre à la légère). De même qu’un peu de stress est positif car il nous stimule (ex: les sportifs sont généralement plus performants en compétition, qu’à l’entraînement, car il y a un enjeu et du public.

Mais quand l’anxiété se manifeste de façon persistante, sans raison valable et qu’elle devient envahissante (ex: le sportif qui se sent paralysé par l’anxiété en compétition), on peut la qualifier de pathologique. C’est le cas également quand on en vient à éviter systématiquement les situations anxiogènes (ex: ne plus oser s’exprimer devant les autres; changer de trottoir dès qu’on croise un chien; fuir les relations intimes). Trop d’anxiété peut aussi nous freiner dans la réalisation de nos objectifs.

Mais pourquoi certains d’entre nous réagissent-ils de manière exagérée devant des situations qui paraissent totalement sans danger pour d’autres ?

Trois grands types de réactions liées à la peur

L’anxiété est liée à une émotion de base: la peur. La peur est une émotion de base, un mécanisme d’adaptation de notre organisme face à un danger potentiel. Elle a permis à l’espèce humaine de survivre en milieu hostile pendant des millions d’années. Autrement dit, la peur est une émotion vitale pour les humains, comme pour les autres animaux. Sans la peur, nous nous mettrions dans des situations de danger en permanence, ainsi que nos proches.

Ainsi, face à une situation dont l’issue est incertaine (un énorme serpent, un individu menaçant ou une voiture surgit devant moi…), il est normal et salvateur de ressentir de la peur, car cette émotion va être accompagnée d’une série de réactions physiologiques qui vont préparer le corps à réagir immédiatement de trois manières différentes, selon les situations. Ces trois réactions naturelles face à un danger sont les suivantes:

  • Fuir : prendre ses jambes à son coup ou se cacher est parfois le meilleur moyen de sauver sa peau (ex: face à une tempête, une inondation, un individu qui ne nous veut visiblement pas du bien);
  • Se figer: dans certaines situations, il vaut mieux rester immobile et se faire discret et non agressif (ex: face à un animal sauvage; face à un individu qui nous menace si on bouge);
  • Combattre/faire face : si un de mes congénères me menace ou s’attaque physiquement à moi, j’ai parfois plutôt intérêt à me montrer agressif et à me défendre.

Fuir, se figer ou combattre sont donc trois grandes stratégies d’adaptation que notre organisme a développé, tout au long de l’évolution, pour faire face aux dangers. Ces réponses nous ont permis de survivre en milieu hostile pendant des millions d’années. Ces trois grandes réponses sont donc bien ancrées dans notre cerveau et notre corps. Nous sommes programmés à adopter des comportements de fuite, d’immobilisme ou de combat si nous percevons un danger (réel ou imaginé).

Les « dangers » et les réponses d’aujourd’hui

Aujourd’hui, dans la vie moderne, en temps de paix, les situations menaçantes immédiates sont plus rares et les dangers ne sont différents. On est nettement moins souvent « en danger de mort  » comme l’étaient nos ancêtres. Par conséquent, à notre époque, la peur est plus souvent une question de perception. Outre les peurs universelles (comme la mort, la maladie grave, la perte d’un proche…), un tel peut avoir terriblement peur des araignées, un autre des situations d’évaluation (examen, compétition, entretien), un autre des piqûres, un autre de perdre ses proches… Face à une même situation, certaines personnes perçoivent un danger, alors que d’autres n’ont pas ou peu de crainte.

Nous ne sommes plus en face de danger immédiats, clairement identifiables, mais le plus souvent, dans une anticipation des dangers possibles (« Et s’il lui arrive qqch… », « Et si je rate », « Et si je perds mon emploi », « Et si je me ridiculise »… ). Dès que nous interprétons une situation comme potentiellement menaçante, la peur survient (plus ou moins intensément) et s’accompagne des mêmes mécanismes et symptômes physiologiques cités plus haut (notre corps se prépare à fuir, se figer ou combattre).

Les comportements que nous allons adopter seront donc des déclinaisons des trois grands types de réponses automatiques de notre organisme.

Ainsi, certaines personnes pour diminuer son anxiété, peuvent se mettre à boire, se divertir, se plonger intensivement dans une occupation, se goinfrer,… pour éviter à tout prix (de penser à) la situation effrayante (= comportements de fuite). Parfois, on subit la situation, on attend que ça passe, on se sent bloqué,  paralysé, résigné; on se laisse faire (=comportements d’immobilisme). Dans d’autres situations, on se défend, on se met en colère ou on fait face au problème, on tente de contrôler la situation, de reprendre le dessus … (= comportements de combat).

Il n’y a pas une catégorie de comportements qui vaut mieux qu’une autre. Tout dépend de la situation et de la personne. Parfois, il vaut mieux clairement éviter et fuir une situation dangereuse, parfois il vaut mieux vaut accepter les choses telles qu’elles sont, parfois encore, mieux vaut essayer de surmonter sa peur et se battre (au sens figuré). Mais il est clair qu’au sein de ces catégories, certaines stratégies seront plus efficaces sur le long terme que d’autres.

Certaines personnes adoptent plus spontanément un type de réponses que d’autres. Ce qui est important, c’est de reconnaître les symptômes de l’anxiété (tremblements, mal de ventre, tensions, pensées négatives…) quand ils sont présents et d’être attentif aux stratégies qu’on a tendance à utiliser (envie de fuir, d’éviter, de s’isoler, d’agresser…).

Ai-je tendance à systématiquement fuir ou à me bloquer devant une situation qui m’angoisse? Ai-je plutôt tendance à me montrer agressif avec les autres quand je suis stressé ? Ai-je tendance à prendre des risques et vouloir ignorer ma peur ?

Identifier ses émotions (ce qu’on ressent), ses pensées anxieuses (ce qu’on se dit ou imagine dans les moments de stress), et ses réponses automatiques (ce qu’on fait quand on est stressé), il est ensuite plus facile de prendre du recul et de gérer son anxiété et les réponses qu’on adopte.

Mais en tant que parent, comment aider son enfant à mieux gérer son anxiété?

Comment aider son enfant à surmonter son anxiété ?

Voici 5 conseils pour aider un enfant à surmonter son anxiété. Si malgré tout, les symptômes persistent ou s’intensifient, il est souhaitable d’aller consulter un psychologue.

1 – Apprenez-lui à RESPIRER lentement, profondément et régulièrement, pour calmer son corps. En effet, une respiration adéquate permet de diminuer le rythme des battements cardiaques qui augmente dans les situations anxiogènes.

2 – Invitez-le à VERBALISER ses pensées, à mettre des mots pour préciser les causes de son anxiété.

3 – Aidez-le à RELATIVISER ses peurs et à les questionner. Quand on est très anxieux, on a généralement tendance à exagérer et à cultiver des pensées négatives du style « Si je prends la parole, on va se moquer de moi », « Je vais encore rater ». Une fois que ces pensées ont été verbalisées, on peut aider le jeune à les remettre en question. Par exemple, dans le cas de l’anxiété de performance, si le jeune est persuadé qu’il va échouer (dans une compétition, une dictée, un examen, un projet, …), on peut lui demander : « As-tu des preuves que cela va arriver ? Est-ce que cela s’est toujours passé comme ça? Est-ce que c’est déjà arrivé à des gens autour de toi ? Au pire, si ça arrivait, en quoi serait-ce si épouvantable ? Si cette situation arrivait à un de tes amis, comment réagirais-tu ? ».  

4 – Soutenez-le à trouver des PENSÉES AIDANTES et des SOLUTIONS. Par exemple, toujours dans le cas de l’anxiété de la performance, on peut l’aider à renforcer les pensées positives, du type : « Dans le passé, ça m’est souvent arrivé de réussir », « Tout le monde peut faire des erreurs, si ça arrive ce n’est pas la fin du monde », « Mieux vaut essayer et se tromper, que ne rien tenter du tout », « Mes erreurs me permettent d’apprendre », etc. On peut également l’encourager à trouver des solutions saines qui lui conviennent pour surmonter son anxiété. Par exemple, il a été démontré que la pratique d’un sport (choisi) ou d’exercices physiques permettent de réduire efficacement le niveau d’anxiété. Une autre stratégie pour faire baisser le niveau de stress est d’écouter de la musique. Quelques secondes d’écoute suffisent à induire dans notre cerveau l’émotion véhiculée par l’extrait musical. Rien de tel donc qu’une musique calme pour se détendre ou bien une musique stimulante pour se motiver à affronter la situation stressante.

5 – ENCOURAGEZ-LE lorsqu’il se montre courageux, qu’il surmonte une difficulté même minime. Surmonter son anxiété ne se fait pas du jour au lendemain, mais se fait étape par étape, pas à pas.

6 – Veillez à NE PAS TRANSMETTRE VOTRE PROPRE ANXIETE à vos enfants tant que possible… Lorsqu’un parent souffre d’un trouble de l’anxiété, il y a plus de risques que son enfant développe lui aussi certains symptômes. D’une part, un parent très anxieux peut avoir tendance à surprotéger son enfant, lui envoyant ainsi le message que le monde est dangereux et qu’il ne peut l’affronter seul… D’autre part, le parent est un modèle pour l’enfant: s’il réagit avec beaucoup d’anxiété devant certaines situations, l’enfant peut développer la même réaction. Par exemple, si je me mets à hurler à chaque fois que je vois une araignée, mon enfant aura tendance à penser que les araignées sont dangereures. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage social. Si vous souffrez vous même de troubles anxieux, il peut donc être judicieux d’effectuer d’abord un travail sur vous-même ! Cependant, il semble aussi y avoir des facteurs génétiques qui favorisent les troubles anxieux.

Guides pratiques pour les jeunes et/ou leurs parents:

  • « Incroyable Moi maîtrise son anxiété » (Edition midi trente): un guide d’intervention illustré conçu pour aider les enfants à mieux comprendre les manifestations physiques, cognitives et émotionnelles de leur état mais, surtout, à devenir de véritables champions de la gestion de l’anxiété. 
  • « Guide de survie pour surmonter les peurs et les inquiétudes » (Edition midi trente): Stress, phobie des araignées, attaques de panique, craintes reliées à la vie à l’école… Certains jeunes vivent chaque jour avec des peurs, des inquiétudes et de l’anxiété. Si c’est ton cas, ce guide pratique est pour toi!

  • « Anxiété » de Scott Stossel (Edition Belfond)Vous êtes anxieux ? Ce n’est probablement pas grand-chose à côté de ce que vit Scott Stossel. Outre ses phobies de l’avion, du fromage, de vomir, ou encore de s’exprimer en public, ce dernier est en proie à un malaise constant, à des crises de panique imprévisibles ; en bref, à une angoisse existentielle permanente. Au gré du récit de son propre combat contre l’anxiété et afin de mieux en saisir les mécanismes, Scott Stossel convoque l’histoire de la philosophie, des religions, de la littérature, de la psychanalyse, de la pharmacologie, ainsi que les dernières recherches en génétique ou en neurosciences.

Le TDA/H: Trouble Dysfonctionnel de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

De quoi parle-t-on ?

Le trouble dysfonctionnel de l’attention avec ou sans hyperactivité ou TDA/H est la façon actuelle de concevoir un ensemble de particularités cognitives et comportementales qui sont présentes depuis l’enfance et qui ont un impact sur le fonctionnement social, scolaire, familial et/ou professionnel de la personne.

Ces particularités sont:

  • des symptômes d’inattention persistants :  une tendance excessive à la distraction qui aboutit à des erreurs et des oublis fréquents, à des difficultés à s’organiser, à suivre des instructions jusqu’au bout, à terminer ce qui est commencé… L’inattention entraîne aussi de grandes difficultés à rester concentré sur des tâches peu stimulantes ou bien difficiles, ou encore à suivre une conversation. Le « vagabondage mental » est très marqué. Cela n’empêche pas que la personne peut rester hyperconcentrée sur des tâches qu’elle apprécie et qui la stimule particulièrement.
  • accompagnés ou non d’hyperactivité et d’impulsivité : cette hyperactivité est le plus souvent désorganisée et non constructive. Ainsi, cela se marque par des difficultés à rester assis tranquillement, à se détendre, par l’impression de trop penser (pensées qui vont dans tous les sens), d’avoir très souvent la bougeotte ou une agitation intérieure très présente. L’impulsivité se marque, quant à elle, par des difficultés à inhiber les actions verbales, motrices, cognitives ou émotionnelles: tendance à parler trop, sans réfléchir, à couper la parole, à être impatient, à se précipiter, à manquer de tact…

Il est tout à fait possible de présenter un trouble déficitaire de l’attention (TDA) sans pour autant présenter des symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité. Le TDA se marque alors principalement par de la lenteur, une forte tendance à la rêverie et au vagabondage mental.

Attention, ces symptômes d’inattention et d’agitation ne sont absolument pas spécifiques au TDAH. On les rencontre dans d’autres troubles (ex: anxiété, burnout…) ou même simplement quand nous sommes en déficit de sommeil, par exemple. Pour qu’un diagnostic soit posé, il faut que les symptômes soient :

  • chroniques
  • anormalement fréquents
  • présents depuis l’enfance (on ne parle pas de TDA/H quand les symptômes d’inattention surviennent après un burnout, par exemple)

… Et qu’ils aient un impact marqué sur le quotidien de la personne (problèmes dans le fonctionnement social, familial ou scolaire). Par exemple, la personne n’arrive pas à mener à bien ses études ou ses projets, ou encore a des difficultés à gérer ses émotions et ses relations sociales.

Notons que des troubles psychoaffectifs peuvent aussi créer chez l’enfant des symptômes semblables à ceux définissant le TDA/H, mais dans ce cas, on parlera d’hyperactivité ou d’inattention réactionnelle et non de TDA/H. Il est parfois très difficile de faire la part des choses. Un enfant peut aussi cumuler plusieurs difficultés (par exemple, avoir un profil TDA/H et être maltraité).

Je suis distrait… Ai-je un TDAH?

On ne devrait pas diagnostiquer un TDAH chez quelqu’un qui est un peu tête en l’air, rêveur ou encore très actif mais qui n’a pas de problèmes majeurs à cause de cela.

Ainsi, un enfant qui aime bouger, bavarder et qui a tendance à rêvasser MAIS qui ne rencontre pas de problèmes significatifs dans ses apprentissages, relations sociales et familiales parce qu’il sait tout de même se contrôler quand c’est nécessaire, n’a pas forcément un TDAH. La question de la sévérité des symptômes et de l’impact fonctionnel de ceux-ci sur le quotidien de la personne est donc primordiale.

Il en va de même chez un ado ou un adulte qui, par exemple, ne dormirait pas suffisamment ou travaillerait trop: en cas de fatigue ou de surmenage, il est normal de présenter des difficultés d’attention.

Certains enfants ayant de grandes facilités intellectuelles peuvent aussi montrer des symptômes d’inattention en classe et de l’agitation, sans présenter de véritables troubles: leur comportement est alors simplement dû à de l’ennui et à un manque de stimulation intellectuelle adaptée à leur niveau.

En revanche, on peut parler de TDAH « compensé » chez certains adultes qui ont connu des difficultés dues à leurs symptômes tout au long de leur parcours (ex: échecs scolaires, accidents ou abus dûs à leur impulsivité, difficultés à maintenir des relations stables,…) mais qui ont pu les compenser grâce à des stratégies qu’ils ont mit en place au fil du temps ou à un environnement adéquat (ex: rencontre avec une personne cadrante et bienveillante, travail stimulant et adapté au profil TDAH…).

Comme nous le verrons plus loin, le rôle de l’environnement est déterminant dans la manifestation des problèmes liés au TDAH.

Dans le processus diagnostic, il est aussi important d’écarter d’autres causes. En effet, certaines pathologies  s’accompagnent de symptômes semblables au TDAH: certains types d’épilepsie, des troubles des apprentissages, une hyperthyroïdie, une dépression, une forte anxiété, addiction au cannabis…

Il est aussi possible de présenter plusieurs troubles : TDAH et anxiété, TDAH et troubles du sommeil, TDAH et dépression, TDAH et addiction… C’est même très fréquent. Ce qui ne rend pas simple le diagnostic lorsque plusieurs troubles sont présents.

Qui pose le diagnostic de TDA/H ?

Le TDAH figure dans le DSM (le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) qui fournit des critères comportementaux qui doivent être remplis pour pouvoir poser le diagnostic. Il n’y a pas de tests biologiques pour identifier le TDA/H.

Un médecin est la seule personne habilitée à poser le diagnostic. En principe, le diagnostic est posé, pour un enfant ou un ado, par un neuropédiatre ou pédopsychiatre spécialisés dans le TDA/H. Chez les adultes, c’est un neurologue ou un psychiatre spécialisé dans le TDAH qu’il faudra consulter (et attention, les listes d’attente sont parfois très longues chez ces spécialistes). Ces médecins s’appuieront sur les antécédents complets de la personne et sur la collecte d’informations transmises par des personnes côtoyant l’enfant (parents, enseignants).

Le rôle du neuropsychologue?

Un neuropsychologue (est un psychologue) ne pose pas de diagnostic médical comme celui du TDA/H. Cependant, étant donné que le diagnostic du TDAH se base sur des critères cliniques, il peut  mener un entretien approfondi avec les parents et l’enfant ou avec l’adulte, en vue de récolter un maximum d’éléments et donner son avis sur l’origine des symptômes.

Le neuropsychologue peut aussi réaliser un bilan intellectuel et neuropsychologique pour évaluer plus précisément les différentes fonctions cognitives (notamment attentionnelles et exécutives) et apporter des informations permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant ou de l’adulte, ses forces et faiblesses.

Attention ! De bonnes performances dans les épreuves ne permettent pas d’écarter un TDAH. En effet, certains enfants ou adultes ayant les symptômes d’un TDAH dans leur vie quotidienne réussissent les tests car ils sont, par exemple, motivés ou intéressés par les tâches ou encore parce qu’ils se trouvent face à une tâche cadrée, dans un environnement sans distractions. A l’inverse, des personnes sans TDAH peuvent avoir des performances déficitaires à ces tests pour de multiples raisons.

Les bilans neuropsychologiques ne sont donc pas obligatoires pour poser un diagnostic de TDAH. Cependant, les bilans psychométriques et surtout l’observation qualitative durant la passation restent très intéressantes et apportent généralement des informations qui pourront être utilisées dans l’accompagnement.

L’importance de l’environnement

On peut, en fait, concevoir le TDAH comme une particularité du fonctionnement cognitif qui, en interaction avec l’environnement, aboutit à des comportements dysfonctionnels. En effet, la souffrance engendrée par les symptômes du TDAH dépend fortement de l’environnement dans lequel la personne évolue.

Dans un environnement adapté, on ne souffre pas du TDAH.
Dr. Louis VERA

On peut imaginer que, pendant des centaines de milliers d’années, posséder les particularités du TDAH étaient  plutôt un avantage. Ainsi, pendant longtemps, l’humanité a eu particulièrement besoin d’explorateurs, d’aventuriers, de guerriers, de personnes au tempérament fonceur, qui suivent leurs impulsions, qui ont soif de nouveauté et qui réagissent vite… C’est à dire le profil type d’une personne TDAH. Il y avait aussi certainement un intérêt évolutioniste à ce que le profil cognitif du « rêveur » se perpétue. Peut-être en lien avec une tendance à la créativité. Ce qui est certain, c’est que pendant des centaines de milliers d’années, nos ancêtres ne devaient pas rester tranquillement assis à écouter quelqu’un parler pendant des heures, à rédiger des documents, à devoir gérer de la paperasse administrative… Non, pour leur survie, ils devaient plutôt être vifs, réactifs ou créatifs.

Dans la société actuelle, la question de la présence d’un TDAH est de plus en plus fréquente, tant la gestion de son attention et de ses émotions (entre autres) est cruciale pour bien fonctionner dans le monde d’aujourd’hui. En effet, nous sommes plus que jamais constamment bombardés d’informations, de choix, de distractions, de tentations…

Très fréquemment, nous ne décidons plus volontairement de porter notre attention sur quelque chose; c’est plutôt les distractions externes qui capturent notre attention. Pour beaucoup d’entre nous, une bonne partie des heures passées à lire un livre, jardiner, jouer à un jeu de société, se balader, visiter une exposition, faire du sport, rencontrer des personnes… sont progressivement remplacées par du temps passé à surfer, regarder les choses qui se présentent à nous via notre smartphone.

Or, résister aux distractions pour se concentrer sur une tâche utile mais moins stimulante est particulièrement difficile à faire pour beaucoup d’entre nous, mais surtout pour une personne présentant un TDAH, parce que c’est justement ses capacités à inhiber les distractions pour se focaliser sur une tâche complexe ou peu stimulante, qui lui causent des problèmes. Et ce n’est pas une question de volonté: la plupart des personnes TDAH souhaiteraient être plus productifs, plus organisés et plus « focus » et essayent de progresser dans cette direction.

Simultanément, l’école et le monde du travail favorisent les personnes capables de rester focalisées sur leur tâche, les personnes consciencieuses, stables, plutôt que les personnes rêveuses, impulsives, dispersées ou désorganisées.  On peut donc dire que la société actuelle est loin d’être l’idéale pour les personnes qui ont tendance à la distraction, ce qui peut selon moi expliquer le fait que la question du TDAH  se pose de plus en plus fréquemment.

Le TDA/H n’est donc pas une maladie mais un trouble neuro-développemental (trouble dans le sens où il handicape la plupart des personnes qui présentent ce profil cognitif)  dont nous ne connaissons pas la cause exacte. Les recherches montrent que le TDAH a une composante héréditaire dans la majorité des cas (souvent un des parents présentent le même profil que l’enfant chez qui on suspecte un TDAH).  Il peut aussi être lié à d’autres facteurs : manque d’oxygène, maladie neurologique, prématurité, souffrance néonatale due à l’exposition au tabac ou la consommation d’alcool pendant la grossesse… Les causes du TDA/H ne sont donc pas liées à des facteurs environnementaux comme l’éducation parentale ou des troubles psycho-affectifs (anxiété, dépression,…). Cependant, l’environnement va évidemment en moduler l’expression et l’évolution. Par exemple, un environnement compréhensif, cadrant, encourageant et bienveillant peut permettre à la personne TDAH d’accepter ses faiblesses, d’en compenser certaines, d’apprendre des stratégies, d’avancer… alors qu’un environnement dévalorisant, rigide, maltraitant ou trop exigeant peut avoir pour conséquence une mauvaise estime de soi, un sentiment d’incompétence, un mal-être général…

Si vous vous posez la question du TDAH, que ce soit pour vous ou votre enfant, n’hésitez pas à prendre RV et venir en discuter lors d’un premier entretien.

Catherine Demoulin

Pour aller plus loin: