L’art de moins procrastiner

« Si vous voulez qu’un travail facile ait l’air difficile, remettez-le sans cesse à plus tard. » Olin Miller

Procrastiner, c’est remettre au lendemain ce que l’on devrait (et pourrait) faire le jour même. « Je le ferai plus tard », « Il n’y a rien qui presse », « Je surfe 5 minutes sur le Web, puis je m’y mettrai »… Ces phrases vous sont-elles familières ? Trouvez-vous toujours mille autres activités à faire quand c’est le moment de vous acquitter d’une tâche urgente ou importante, mais pénible ? Si oui, cet article peut vous aider.

Pourquoi procastinons-nous ?

Souvent, nous procastinons tout simplement parce que nous préférons les activités qui nous apportent un plaisir immédiat. Entre une activité distrayante, qui ne demande aucun effort (comme trainer sur Facebook, grignoter, jouer à un jeu vidéo…) et une activité qui demande un effort intellectuel ou physique (comme étudier, faire du sport ou ranger), il se peut que l’on soit souvent irrésistiblement attiré par la première. Il est également plus difficile de se motiver à commencer un travail pour lequel on manque d’intérêt. 

Cependant, certaines personnes procrastinent plutôt à cause de leur anxiété. Elles redoutent tellement de mal faire leur travail ou d’échouer qu’elles reportent à plus tard. En faisant le travail à la dernière minute, elles peuvent trouver une justification en cas d’échec ou de critiques. Cela peut être une certaine manière également de protéger son estime de soi en évitant de tester ses capacités réelles. 

Le perfectionnisme peut aussi entraîner des comportements de procrastination, surtout s’il s’accompagne de croyances de type « tout ou rien »: « Mon travail ne vaut rien s’il n’est pas exceptionnel »

L’incertitude et la peur de l’inconnu peuvent aussi constituer des freins. Certaines tâches que nous avons à réaliser manquent en effet de clarté ou comportent des risques. Et lorsqu’on n’est pas très sûr de quelque chose ou de soi, on peut avoir tendance à éviter la situation.

Et vous, pourquoi procrastinez-vous? Si vous souhaitez modifier vos habitudes, il est important de prendre le temps d’identifier les raisons qui vous poussent à reporter à plus tard.

Eviter la procrastination

1 – Imaginez le plaisir que vous éprouverez quand vous aurez accompli votre tâche: Pour vous motiver, passez un moment à visualiser ce qui se passera quand vous aurez accompli votre « mission »: vous serez fier de vous être surpassé, relaxe, récompensé par une bonne note (dans le cas d’un travail scolaire) ou par une bonne dose d’endorphines (dans le cas du sport). Si la récompense finale est encore lointaine, vous pouvez vous promettre une petite récompense si vous faites ce que vous avez à faire. Et pourquoi ne pas visualisez tout ça en écoutant une musique stimulante pour vous préparer à l’action? L’idée est de motiver son cerveau en se focalisant sur la satisfaction à long terme (bénéfices), plutôt que sur les efforts à faire (coûts).

Rocky (1976)

2 – L’importance de l’action (ou du premier pas) : dans tout travail, le plus dur est généralement de commencer, de se lancer… Surtout si le travail à fournir semble au-dessus de nos forces ou capacités. Dans ce cas-là, l’étendue du travail et la peur d’échouer, nous rend anxieux et on peut avoir tendance à tout faire pour éviter de s’y confronter (consciemment ou inconsciemment). Sachez cependant que l’anxiété ou le stress diminue généralement avec l’action. Donc même si la motivation n’est pas au rendez-vous, ne vous laissez pas le choix, n’écoutez pas vos excuses (vous en trouverez des tonnes de toute façon) et forcez-vous seulement à commencez la tâche, à faire juste un petit pas. Le but est de créer un mouvement qui vous sortira de votre apathie face au travail…

 

3 – Juste 10 minutes : si le premier pas vous semble immense, presque impossible, dites-vous que c’est juste l’histoire de travailler 10 minutes. Vous pouvez vous convaincre que  c’est juste l’histoire de le faire 10 minutes. Après ce court laps de temps de travail, vous refaites le point: soit vous faites une pause, soit vous continuez sur votre lancée (En général, une fois lancé, on se sent capable de prolonger).

 

4 – Planifiez de petites étapes/actions. Vous voudriez bien commencer mais ne savez pas par où ? Dans ce cas, découpez votre projet en étapes/actions. Faites un plan et notez les actions à réaliser pour atteindre votre objectif. Votre cerveau sera plus motivé à les traiter si elles sont clairement définies et courtes. Fixez un jour et une heure dans votre agenda pour vous y consacrer, mais commencer la première maintenant. Après chaque étape/mission réussie, barrez-la de la liste avec fierté; il y a fort à parier que votre circuit de la récompense y trouvera son compte et vous stimulera à avancer.

A noter qu’il n’est pas vraiment important de coller au plan à 100%, comme le disait Winston Churchill : « Ceux qui planifient réussissent mieux que ceux qui ne le font pas, même s’ils s’en tiennent rarement à leur plan ». L’idée est surtout d’y voir plus clair et de rendre le travail plus digeste.

 

5 – Fixer-vous des dates limites (deadlines) pour atteindre vos objectifs

Ceux qui ont tendance à procrastiner connaissent très bien ce moment où l’on se rapproche de l’échéance et que le stress commence à monter. Ce stress nous pousse à agir vite et à boucler enfin ce qu’on tardait à faire… Mais pour de nombreuses choses, personne n’est là pour nous mettre de « deadlines » et notre procrastination peut-être sans limite… Alors, si, par exemple, vous rêvez d’écrire un livre (ou tout autre projet difficile et à long terme), un conseil peut-être de vous fixer vous-même des échéances pour chacune des étapes (ex: rédiger le chapitre 1 pour le 31 octobre).

 

Enfin, si malgré ces conseils, vous ne parvenez pas à maîtriser votre procrastination, je ne peux que vous recommander l’essai du philosophe américain John Perry « La procrastination. L’art de reporter eu lendemain », qui traite de la procrastination structurée 🙂  Ou bien de regarder ces vidéos-rencontres avec J. Perry  ! 

A voir aussi la présentation TED très amusante de Tim Urban.

C. Demoulin